Caroline Morin s’en souvient très bien : un jour, lorsqu’elle était enfant, après une querelle avec l’une de ses amies, sa mère lui lance : « Tu lui as fait de la peine en lui disant ça. Mets-toi à sa place. Comment te sentirais-tu si c’était elle qui t’avait dit ça? Il faut toujours se mettre dans la peau des autres pour comprendre ce qu’ils ressentent. »
Le Ô Canada retentit dans le Centre Bell. Le gardien de but du Canadien, bien droit devant son filet, regarde les banderoles des coupes Stanley accrochées au plafond. L’air solennel. Ce n’est pas Samuel Montembeault, ni Dobes ou Fowler, c’est mon frère Bertrand. Non, je ne rêve pas. Lui non plus.
JARDIN DE VILLE
Luc Poirier ressemble aux personnages incarnés au cinéma par Tom Hanks. Vous savez, cet homme ordinaire au destin extraordinaire. Ce Monsieur Tout-le-Monde unique au monde. Ce boy next door qui, derrière la porte de son garage, abrite 42 Ferrari. Cet être simple aux vies multiples.
J’arrive au 1170 rue Peel, le siège social de Claridge, la société d’investissement privée qui représente les intérêts de la famille de Stephen Bronfman. J’attends dans le lobby. Monsieur Bronfman lui-même vient m’y rejoindre. Souriant, la poignée de main franche, le ton enjoué; ça se voit tout de suite, cet homme est d’une grande sociabilité, conforme à la définition du mot « sociable » : qui se lie facilement aux autres. Il m’aborde élégamment en français et jamais il ne passera à la langue des affaires. Ça tombe bien, nous ne sommes pas là pour parler business, mais pour parler passions.
J’entre chez Richard Petit, il y a de la musique qui joue. On s’installe à une table, à côté des enceintes acoustiques. Je démarre l’enregistrement sur mon téléphone. Je devrais peut-être lui demander d’éteindre le système B&O afin d’avoir une meilleure prise de son de notre entrevue.
Le 3 juin 2019, le magazine Vogue consacrait un article à Thierry-Maxime Loriot, génial créateur du monde de la mode né à Québec en 1976. La journaliste Suzy Menkes le désigne comme étant « Canada’s museum magician ». Elle ne tarit pas d'éloges pour son exposition sur l'œuvre de Jean Pau Gauthier, vue par plus de deux millions de personnes. Si je vous dis ça dès le départ, c'est pour que vous mesuriez toute l'importance de l'homme que j'ai en face de moi, en Zoom.
MAISON 4110
CITIZEN
Je suis assis dans la salle de conférence du conseil d’administration des Canadiens de Montréal. J’attends France Margaret Bélanger, la vice-présidente exécutive, chef des affaires commerciales du CH.
JARDIN DE VILLE
CLUB ST-JAMES