Sa mère lui a appris l’empathie. Cette qualité qui relie le cerveau au coeur. Se mettre dans la peau des autres. Prendre soin des autres. Dans le cas de Caroline, ce sera aussi prendre soin de la peau des autres. Mais ça, ça viendra plus tard.
La nouvelle directrice générale de Clarins Canada est née à LaSalle, dans une famille modeste et aimante. Fille unique, elle bombarde ses parents de questions. Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? Elle veut tout comprendre. Elle rêve d’être astronaute, de rejoindre les étoiles. En attendant, elle côtoie les stars. Son père, réalisateur télé, lui donne la chance d’avoir comme terrain de jeu les plateaux de tournage de TVA, de Radio-Québec et de TQS. C’est magique, mais elle ne fait pas que jouer. Très tôt, elle se met au boulot. À 16 ans, elle est conseillère au rayon des cosmétiques chez Eaton. Elle y restera jusqu’à 23 ans sans négliger ses études. Au contraire, c’est une première de classe. Pour elle, la rigueur n’a rien de contraignant; elle permet d’aller plus loin.


Après avoir obtenu son baccalauréat en administration, elle occupe divers emplois avant de trouver sa voie. Le 19 juillet 1999, elle entre chez Clarins et trouve une deuxième famille, où le coeur domine aussi. La prestigieuse entreprise de cosmétiques française appartient aux Courtin-Clarins, et chaque personne qui se joint à la marque se sent faire partie du clan.
Caroline déploie ses ailes rapidement dans le Groupe Clarins au Canada. C’est une jeune femme alerte qui n’aime pas que les choses traînent. Elle doit apprivoiser la patience et laisser parfois du temps au temps. Sa fougue et sa persévérance sont grandement appréciées.
Le grand patron lui demande de recruter un porte-parole pour représenter la collection ClarinsMen. Elle fonce et trouve le meilleur : Laurent Duvernay-Tardif, sportif de haut niveau et médecin. Il est tous les hommes à la fois. Caroline a le flair de le signer avant même qu’il ait remporté le Super Bowl : c’est un super coup.
Caroline touche à tout au sein de l’entreprise et ne cesse de prendre du galon. Tellement que le 16 juillet 2025, 26 ans presque jour pour jour après son entrée, on annonce qu’elle sera la directrice générale de Clarins Canada, la marque numéro un en soins de prestige au pays, qui emploie plus de 200 personnes.
La première question qu’elle pose à chacun de ses chefs de service, lors des rencontres de direction hebdomadaires est : « Comment vont tes employés? » Car pour elle, le secret du succès d’une entreprise se mesure avant tout au niveau de bonheur de celles et ceux qui y travaillent. Un personnel heureux obtiendra d’heureux résultats.


Le seul regret de cette femme à qui tout réussit : ne pas avoir eu d’enfant. Sa vie de couple ne lui en a pas donné la possibilité. Si c’était à refaire, elle s’arrangerait toute seule. On n’est jamais mieux servi…
Pour se rapprocher des enfants, elle fait du bénévolat à Sainte-Justine pendant sept ans. Le contact avec les jeunes malades lui permet de relativiser les soucis du quotidien et d’apprécier la chance qu’elle a d’avoir un parcours aussi heureux. Bien qu’elle ait dû faire une pause pour s’occuper de sa mère, elle compte bien s’y remettre.
Elle le dit haut et fort : « La vie est belle ! » Et ses produits nous aident à l’être aussi.
Elle n’a pas d’enfant, mais elle a un papa et une maman. Et c’est tout de suite à eux qu’elle a pensé le jour de sa nomination. En apprenant la nouvelle, son père a exprimé le désir d’effectuer une visite guidée de ses bureaux. Il a mis son plus bel habit et a rencontré avec fierté tous les collègues de sa fille. Sa mère, maintenant atteinte du Parkinson, a retrouvé tous ses esprits et lui a dit : « Tu ne l’as pas volé. Tu as tellement travaillé fort, c’est plus que mérité tu sais. »
Sa mère, qui, des décennies plus tôt, lui a fait comprendre la valeur de l’empathie, l’importance de savoir se mettre à la place d’autrui, ce qui a guidé tout le cheminement de Caroline. Un autre sentiment important a germé en elle : savoir apprécier ce qu’on a réalisé et ce que l’on est devenu.
Être bien à sa place. À sa place à soi. Celle que l’on s’est forgée. Caroline Morin l’est plus que jamais, à sa place.
Photo de couverture : Photo Annie Paquin












