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L’hyperluxe au centre-ville de Montréal

Roche Bobois

CARBONLEO A PILOTÉ LE RETOUR DE LA BANNIÈRE FOUR SEASONS – ET DE L’ULTRALUXE – AU CENTRE-VILLE DE MONTRÉAL. LE GROUPE ESPÈRE MAINTENANT PROVOQUER UNE PETITE RÉVOLUTION DANS LE SECTEUR DU COMMERCE DE DÉTAIL AVEC SON MÉGAPROJET ROYALMOUNT, AUQUEL S’EST ASSOCIÉE UNE BRANCHE DU PRESTIGIEUX GROUPE LVMH. RENCONTRE AVEC CLAUDE MARCOTTE, VICE-PRÉSIDENT EXÉCUTIF ET ASSOCIÉ DE CARBONLEO.

Claude Marcotte nous fixe rendez-vous dans un club de vin privé, discrètement niché au sous-sol d’un ancien immeuble industriel du quartier Saint-Henri. Une oasis de fraîcheur pendant la canicule extrême qui amortit Montréal au coeur de l’été 2018. Mais surtout, un havre de tranquillité pour le vice-président exécutif et associé de Carbonleo, qui gère ces jours-ci deux projets immobiliers évalués à 2 milliards de dollars dans la métropole.

Le plus avancé des deux chantiers bat son plein à moins d’un kilomètre plus au nord, dans le Mille carré doré. Carbonleo y pilote la construction du Four Seasons Montréal, un complexe mixte qui a déjà fracassé certains records avant même d’être complètement sorti de terre. L’une des 18 résidences ultraluxueuses a trouvé preneur pour plus de 1800 $ le pied carré, apprenait-on cet été, un seuil qui n’avait encore jamais été franchi pour un condo à Montréal. « Les ventes vont très bien; on en a plus de la moitié de vendus », résume avec le sourire Claude Marcotte, un diplômé en urbanisme de l’Université de Montréal qui roule sa bosse depuis plus de 30 ans dans l’immobilier.

La majorité des acheteurs qui se sont jusqu’à maintenant manifestés au Four Seasons sont des Montréalais « qui ont eu du succès et qui ont choisi d’investir dans la métropole », précise-t-il. Claude et son équipe étaient persuadés dès le départ que leur projet saurait séduire la bonne clientèle, malgré les nombreux sceptiques qui mettaient en doute le prix élevé des résidences – entre 4 et 15 millions avant taxes. « On a quand même une connaissance très pointue du marché immobilier à Montréal, note-t-il. Des gens vont vendre leur maison à Outremont ou à Westmount parce qu’ils veulent rester en ville; d’autres personnes ayant déjà des propriétés à l’international veulent la même chose; beaucoup sont des familles québécoises qui veulent rester proches des enfants et des petits-enfants; et surtout, tous voulaient acheter la marque Four Seasons. C’est un pari calculé : on croyait vraiment à ce marché-là et les ventes démontrent qu’on a bien visé. »

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« Montréal est vraiment rendue ailleurs, à développer des projets comme Royalmount et Four Seasons, qui vont contribuer grandement à son rayonnement international »

LE RETOUR À MONTRÉAL

Ce projet de 250 millions marque un retour à Montréal pour la bannière Four Seasons, elle qui avait quitté la ville en 1994 alors que son économie nageait en pleine déprime. Le retour de la bannière symbolise en quelque sorte le vif rebond de Montréal depuis deux ans. Carbonleo et son principal actionnaire – et président –, Andrew Lutfy, seront propriétaires de l’immeuble, tandis que Four Seasons assurera la gestion de l’hôtel dès l’ouverture, prévue au printemps prochain.

Le complexe dessiné par les firmes montréalaises Lemay et Sid Lee constituera un véritable « écosystème » de luxe. Il sera relié au magasin Holt Renfrew Ogilvy, agrandi de 40 000 pieds carrés et complètement rénové. On y trouvera un restaurant piloté par un chef new-yorkais – dont le décor sera signé Zébulon Perron –, de même qu’une immense salle de bal dotée de points de vue impressionnants sur le centre-ville.

Les matériaux nobles – marbre, bois exotique, cristal – se retrouveront dans l’ensemble de l’immeuble, dont le look intérieur sera signé par le designer Philip Hazan – pour les résidences – et les architectes d’intérieur Gilles & Boissier – pour l’hôtel. « C’est vraiment le luxe à son apogée », résume Claude Marcotte.

CAP SUR ROYALMOUNT

À une dizaine de kilomètres du Mille carré doré, l’autre grand chantier de Carbonleo promet de changer d’ici 2022 le visage d’un secteur assez peu invitant. Le groupe d’Andrew Lutfy – aussi propriétaire du Groupe Dynamite – investira entre 1,5 et 2 milliards pour bâtir Royalmount, un tout nouveau quartier qui viendra remplacer une ancienne friche industrielle à l’angle des autoroutes 15 et 40, à Ville Mont-Royal. Les travaux ont officiellement débuté cet été après des années de planification complexe.

Le quartier s’articulera autour d’un vaste centre commercial inédit au Canada, qui offrira environ 200 magasins, une centaine de restaurants, des salles de spectacles et de cinéma, et des toits végétalisés. Le projet Royalmount comptera en outre une rue piétonne, une place centrale, une demi-douzaine d’hôtels et des tours à bureaux.

Le projet a connu un nouvel élan en juin dernier quand Carbonleo s’est associé à L. Catterton Real Estate (LCRE), branche d’investissement et de développement immobilier d’une société qui compte LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton et le Groupe Arnault parmi ses investisseurs. « Bernard Arnault, LVMH et Catterton, c’est planétaire. Ils peuvent investir n’importe où à travers le monde. Ils ont réalisé de superbes projets, dont le Miami Design District, souligne Claude Marcotte. Ça prouve que Montréal est vraiment rendue ailleurs, à développer des projets comme Royalmount et Four Seasons, qui vont contribuer grandement à son rayonnement international. »

Même s’il ne peut rien confirmer pour le moment, Claude Marcotte indique qu’il est « fort probable » que ces partenaires européens amènent de nouvelles marques de luxe inédites à Royalmount. L’ouverture est prévue pour 2022.


lesresidencesprivees.com, royalmount.com et carbonleo.com
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