Tiga – Pionnier de la musique électronique

Photo : Scott Dillon

Lancée au milieu des années 90, la scène électronique Montréalaise doit son essor à un pionnier musical d’ici, Tiga, qui contribue à créer malgré le confinement, alors que la fête est sur pause.

À la fermeture des bars en 2020, la vie nocturne montréalaise, qui fait notre réputation depuis la Prohibition, s’est éteinte d’un coup et le silence fut. Il faut dire qu’au cours des dernières décennies, nos boîtes de nuit ont vibré de plus en plus aux sonorités techno dans les raves, au coeur des nuits blanches et dans les clubs after hours, notamment grâce à Tiga. L’homme-orchestre – à la fois musicien, DJ, propriétaire de maison de disques et ancien fondateur de boîte de nuit – a plongé tête première dans l’industrie dès l’adolescence, alors qu’il organisait des fêtes avec ses amis.

Puis, l’envie de jouer au DJ à longueur de semaine, sans contrainte, l’a amené à ouvrir sa propre boîte de nuit, le SONA, lui permettant du même coup de faire ses premiers pas en affaires. Il garde un souvenir mitigé de cette expérience au cours de laquelle il s’est senti tiraillé entre ses obligations terre à terre liées au club et ses nombreuses initiatives artistiques. Depuis ce jour, il s’efforce de maintenir l’équilibre entre les affaires et la création.

Molteni
Montauk

Rapidement, Tiga s’est tourné vers d’autres horizons musicaux. Il a notamment ouvert un magasin de disques et a produit sa propre musique, dont l’album Sexor, couronné d’un Juno en 2007, qui est devenu la trame sonore de nombreuses soirées dance. Il a également lancé le label Turbo Recordings, qui a propulsé des formations électroniques montréalaises bien-aimées comme Chromeo. Pendant tout ce temps, il a vibré au diapason de la fête, adoptant un style de vie nocturne auquel la pandémie a mis brutalement fin.

Bien que l’isolement l’ait coupé de son mode de vie, la situation n’est pas totalement nouvelle pour l’artiste; en tant que musicien, il lui arrive souvent de se cloîtrer dans le studio pour boucler des projets. Tiga a exploité cette pause pandémique de manière productive en travaillant sur son dernier projet, un balado intitulé Last Party on Earth dans lequel il invite d’autres artistes et amis à décrire leur party de rêve, les invités et la trame musicale. Lancé bien avant la pandémie, le concept reflète de manière étonnante la situation actuelle. « Quand j’ai réalisé le balado il y a deux ans, il racontait un scénario improbable, dit-il. Aujourd’hui, beaucoup de gens ont assisté à leur dernier party. » Grâce au balado, Tiga explore un nouveau domaine qui lui permet de rester en contact avec les gens et de les accueillir (du moins en voix) dans sa bulle.

Pendant cette hibernation forcée, comme beaucoup d’entre nous, Tiga écoute ses « classiques » de la musique d’ambiance. Malgré l’impact de ce ralentissement prolongé sur la société en général et sur son industrie en particulier, il demeure optimiste et confiant que beaucoup de bonne musique et autant de partys inspirés en découleront. Selon lui, tout comme la musique techno fut galvanisée dans le monde entier lors de la chute du mur de Berlin, les fêtards, dont l’énergie refoulée trouvera enfin un exutoire, contribueront à une « renaissance ». À bien des égards, les derniers mois lui ont donné l’impression d’être redevenu un enfant traînant dans sa chambre en attendant d’aller jouer dehors. Vivement le moment d’appuyer sur play.

tiga.ca et turborecordings.com

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