Craig Alan, peintre de renommée internationale, a mis du temps avant de se consacrer à son art. Les quelques coups de crayon sur les murs de la maison de ses parents ont été les signes avant-coureurs d’un talent en devenir. Il a longtemps privilégié le sport aux études. Heureusement, afin d’obtenir de meilleures notes, il a dû suivre, au cours d’un été, un cours de rattrapage en poterie. « Une énorme ampoule électrique s’est alors allumée. Dès cet instant, plus personne n’a pu me dire que ce n’était pas ce que je devais faire. »


Depuis, il s’applique à peindre sans jamais se considérer comme un artiste. « Un artiste est quelqu’un qui a subi l’épreuve du temps, qui a laissé des traces, qui est parvenu à influencer des êtres d’une autre époque, alors qu’un peintre est une personne qui chemine toujours et qui aspire un jour au titre d’artiste. »
Influencé par le pop art, notamment par Andy Warhol et Jasper Johns, il a opté dans sa série Populus pour une iconographie forte. Les Marilyn Monroe et Audrey Hepburn dévoilent peu à peu un monde foisonnant où évoluent des formes humaines. « Je cherchais des images facilement reconnaissables pour pouvoir ainsi attirer le spectateur moyen qui, en s’approchant, s’intéresse aux détails plus fins qui composent l’image et aux différentes histoires au sein de la foule. » Car la présence humaine et la reconnaissance de l’autre sont au coeur du travail du peintre. « La forme humaine agit comme un miroir de l’individu et de l’âme. Nous nous découvrons à travers les autres. »


Un macrocosme qui contient des microcosmes… Les férus de science auront reconnu certains des grands principes de l’univers dans les tableaux de Craig Alan. « Je réfléchis longuement à certaines théories scientifiques, comme celle des fractales, qui tentent d’expliquer pourquoi notre univers est structurellement similaire quelles que soient les échelles. Et si notre système solaire tout entier n’était qu’un simple atome, une partie d’un ensemble plus vaste ? Et si chaque cellule de notre corps contenait un univers minuscule? Notre cerveau a tendance à penser que nous sommes le centre de l’univers, mais ce n’est pas le cas. Nous ne sommes pas le début, nous ne sommes pas la fin. Nous sommes au milieu, contemplant, aveugles. »
Profondeur de l’homme, de sa pensée, de sa recherche qui, aujourd’hui encore, se réinvente, explore. « En ce moment, la quantité et la qualité des travaux créatifs de la nouvelle génération m’inspirent. On dirait que chaque semaine, il y a une nouvelle personne sur Instagram avec une idée passionnante ou une nouvelle technique. »


Est-ce que les oeuvres de la nouvelle génération sauront perdurer? Craig Alan se pose déjà la question. S’interroger, apprendre, reconnaître les autres et se reconnaître… n’est-ce pas là le propre d’un artiste?









