Sean_ODonnell copie (Mixte Mag)

Sean O’Donnell | L’amitié d’abord

Sean O’Donnell, acteur de talent de l’industrie de l’hospitalité, est passé maître dans l’art de recevoir. Pourtant, cet homme discret préfère au brouhaha des grandes célébrations le précieux discours des amitiés durables et sincères.

Quand il raconte son parcours, Sean O’Donnell le fait méthodiquement, aide-mémoire à portée de main, afin de mentionner l’ami d’enfance, le collègue, le confrère, le mentor ou le partenaire d’affaires, tous ceux qu’il a croisés au cours de sa carrière. Pour ce montréalais pur coeur né d’un père irlandais et d’une mère yougoslave, l’amitié n’a pas de prix et demeure un des éléments clés de son cheminement. Il fait d’abord ses études en administration des affaires à l’Université Saint-François-Xavier, en Nouvelle-Écosse, sans pourtant terminer son bac, car il se découvre un penchant inné pour l’hospitalité. « Pour payer mes études, chaque été, je travaillais dans des clubs populaires du centre-ville de Montréal. Mon premier emploi a été comme préposé aux tables au restaurant Les Beaux Jeudis de Bernard Ragueneau, qui est rapidement devenu mon mentor », retrace-t-il. À la fin de ses études, il travaille d’abord au club Copa, dans les Laurentides, puis devient actionnaire et gérant du Bourbon Street à Ste-Adèle, un petit club de jazz qui pouvait accueillir 150 personnes et qui, vingt ans plus tard, sous sa tutelle, pouvait en recevoir 5 000. La renommée de ce bar, notamment reconnu pour ses très populaires soirées du lundi, a traversé les frontières. Il est vrai qu’à cette époque, la proximité du studio d’enregistrement d’André Perry faisait en sorte qu’on pouvait parfois y croiser de grandes vedettes comme Annie Lennox, Keith Richards, Robert Charlebois ou Garou. « Le club est devenu mythique », raconte Sean O’Donnell qui, après quelques années, est devenu propriétaire à part entière du Bourbon.

Montauk Sofa
Bui Opto
Alors que le Quintessence célèbre ses 20 ans, Sean O’Donnell et Steve Courey, à la fois amis et partenaires d’affaires, posent avec toute l’équipe devant l’hôtel dont le design a été réalisé par Patty Xenos.

Le succès attire le succès. En 1992, il se fait approcher pour mettre sur pied une entreprise sur les flancs du Mont-Tremblant qu’Intrawest vient tout juste d’acquérir. Il ouvre en 1993 le premier établissement commercial de la place, le bar P’tit Caribou, puis, coup sur coup, avec des associés, le resto-bar Le Shack, le bistro, bar et gril La Forge et quelques années plus tard l’hôtel cinq étoiles Quintessence aux abords du lac. Cette dernière entreprise audacieuse a demandé à Sean O’Donnell à la fois de la diplomatie et de la persévérance, et ce, aussi bien auprès des élus municipaux que des résidents. Le pari a été gagné et l’hôtel de 30 suites qui fête cette année ses 20 ans a conservé son indiscutable alchimie qui allie à une configuration exceptionnelle face au lac, un service courtois et personnalisé. Mont-Tremblant s’est lentement transformé, passant d’une destination de ski à un lieu de villégiature quatre saisons. Sean O’Donnell a grandement contribué à cette évolution. « Il fallait proposer une programmation quatre saisons et une offre variée. Plusieurs des artistes que j’ai connus au Bourbon sont venus faire des spectacles à Tremblant, puis je me suis associé avec Donald K. Donald, ce qui a contribué à attirer les visiteurs. En rétrospective, ce dont je suis le plus fier, c’est la pérennité des entreprises que mes équipes et moi avons mises sur pied. Près de 30 ans après l’ouverture du P’tit Caribou, nous continuons à faire connaître et rayonner Tremblant à l’échelle locale autant qu’internationale », explique-t-il.

C’est en 2010, alors qu’il a déjà fort à faire avec ses entreprises à Mont-Tremblant, que Sean O’Donnell se fait approcher par Guy Laliberté pour présider la nouvelle division Cirque du Soleil Hospitalité. « Je n’avais jamais travaillé pour une grande organisation et mon défi était de mettre en place les outils nécessaires pour assurer la pérennité de mes entreprises à Tremblant. » Une fois cet aspect réglé, il quitte son lac et se joint au Cirque du Soleil avec l’accord de ses partenaires et d’Annie, sa conjointe. « Nous avons eu beaucoup de plaisir et avons collaboré à la réalisation de nombreux projets. Nous avons notamment ouvert des clubs à Las Vegas et à Ibiza, conceptualisé l’île de Nukutepipi en Polynésie française, établi des relations d’affaires avec le Club Med pour développer un concept visant à intégrer les arts du Cirque dans les différents établissements de la chaîne. C’était une vie très excitante et j’y ai appris énormément », souligne-t-il. En 2015, lorsque le Cirque est vendu, Guy Laliberté lui demande de se joindre à Lune Rouge, son bureau de famille, et d’y présider la division consacrée à l’hospitalité et à l’investissement immobilier. « Nous venions d’acquérir la maison Alcan, peu avant la vente du Cirque, avec l’idée d’y créer un écosystème éclectique qui réunirait à la fois des étudiants, de grands bureaux et des entreprises innovantes. Le concept est alors de proposer un lieu de rassemblement, un attrait en plein coeur du Mille carré doré, où les passants pourraient s’arrêter le temps d’un repas ou d’un événement, et où les gens qui y travaillent se sentiraient chez eux. » Après plusieurs années de travaux majeurs réalisés dans le respect de la vision et du classement patrimonial dont est assujetti le complexe de sept bâtiments, la Maison Alcan a récemment ouvert ses portes au grand public. Elle abrite, entre autres, Zú, un organisme à but non lucratif qui soutient et propulse des entrepreneurs qui utilisent la technologie pour révolutionner les industries créatives.

Sean O'Donnell et Herby Whyne
Fairmont Tremblant
Bardagi
Fondation Hôpital Général Juif
GTL Paysagiste
IMG_2182 copie (Mixte Mag)
Maison Alcan

 « Je suis très fier de ce que nous avons fait avec la Maison Alcan. Nous avons conservé la vision d’origine, qui était d’en faire un endroit accessible et ouvert à tous tout en y ajoutant une touche actuelle et contemporaine », explique Sean O’ Donnell, qui réitère qu’il n’a pas réussi ce tour de force seul et que c’est grâce aux différentes équipes et partenaires impliqués qu’il a pu livrer une destination de qualité au coeur du centre-ville de Montréal.

Avec tous ces projets, il est difficile de croire que ce bourreau de travail arrive à trouver des heures, des minutes, des secondes pour se détendre! « Je fais du vélo, beaucoup de randonnée en montagne et de la boxe avec l’entraîneur Herby Whyne de chez Hard Knox, qui est génial et qui m’amène à me dépasser. J’y vais deux fois par semaine et c’est, selon moi, l’un des entraînements les plus rigoureux et les plus complets. » Il profite aussi de ses temps libres pour entretenir ses amitiés, dont plusieurs durent depuis de nombreuses années. « J’ai toujours aimé avoir du plaisir et le partager avec ceux que j’aime. Organiser des soirées, des voyages ou simplement passer de bons moments entre amis, c’est ce qui me passionne », explique Sean O’Donnell. « Le vrai défi est de bien équilibrer le travail, la famille et les amitiés. Je suis chanceux, car en plus d’avoir deux magnifiques enfants, Alison et Liam, j’ai plusieurs amis qui sont aussi des partenaires d’affaires, alors on joint souvent l’utile à l’agréable », mentionne-t-il.

Travail, détente, loisirs… Les liens d’amitié sont le fil rouge qui relie tout ce que Sean O’Donnell entreprend. « C’est ce qui prime, me motive et me tient à coeur. C’est ce qui me donne envie de me lever le matin et ce qui me nourrit », conclut-il.

hotelquintessence.com et maisonalcan.com

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