« J’ai ouvert mon centre il y a deux ans pour me consacrer à l’hormonothérapie, car c’est difficilement accessible pour les femmes, mentionne la Dre Gabrielle Landry. La préménopause n’est pas très connue, les débalancements hormonaux non plus. » C’est en ce sens qu’elle a choisi de développer cette expertise, parce que beaucoup de femmes ont différents symptômes sans savoir qu’ils sont liés à la préménopause. « Des signaux peuvent apparaître avant l’âge de la ménopause, même chez des femmes qui ont des règles régulières. On est là pour les écouter. D’ailleurs, la première chose que mes patientes me disent, c’est qu’elles sont contentes d’être entendues parce qu’elles sont anxieuses, déprimées, mais elles sentent que c’est physique, que ça ne reflète pas ce qu’elles sont. » Les bilans et le suivi sont importants pour comprendre comment les changements hormonaux agissent sur chacune d’elles et les traiter en conséquence.
Loto-Méno de Véronique Cloutier a fait beaucoup parler ces dernières années et elle a sensibilisé la population à ce sujet si peu abordé. La Dre Landry remarque que ce documentaire a ouvert les yeux de beaucoup de femmes qui, dans leur quotidien pouvaient ressentir des douleurs, être en burnout, subir des troubles de l’humeur… « Ces femmes qui ne répondent pas aux options proposées par la médecine traditionnelle devraient se voir offrir l’option de l’hormonothérapie, mais cette dernière est malheureusement peu connue, même par le corps médical. Les hormones bio-identiques sont d’ailleurs maintenant remboursées par la Régie de l’assurance maladie du Québec. »
La Dre Landry explique que la préménopause doit être vue comme un état systémique global. Avec l’expertise qu’elle a développée, elle arrive à relier certains symptômes qui résultent de débalancements hormonaux. « Les bilans sanguins, les comportements peuvent changer en un mois, donc en faisant les suivis et la corrélation, on va pouvoir ajuster un traitement. » Traitement qui peut soulager assez rapidement les signes liés au déséquilibre hormonal. « S’il en reste au bout de plusieurs mois, je conseille à mes patientes de voir leur médecin de famille pour explorer d’autres avenues. Mais avec la rareté de l’offre en hormonothérapie, les patientes ont souvent déjà vu plusieurs spécialistes avant d’arriver à mon bureau, excluant donc plusieurs autres causes physiques et psychologiques. »
Autre volet essentiel dans la pratique de la Dre Landry en lien avec la femme préménopausée ou ménopausée : la santé sexuelle, qui ne concerne pas simplement les rapports sexuels, mais sa relation avec le bien-être et la santé en général. « Si la femme a moins d’énergie, dort moins bien, a des problèmes d’incontinence et de la sécheresse vaginale, sa libido va définitivement être impactée. » Il s’agit du syndrome génito-urinaire de la ménopause. Des traitements traditionnels existent sous forme de crèmes qui peuvent être bio-identiques, mais la médecin recommande aussi la technologie au laser de régénérescence des tissus de la muqueuse vaginale, qui va de surcroit mieux soutenir la vessie. « Il est important d’ouvrir la discussion sur la santé sexuelle de la femme, un sujet encore tabou alors qu’il touche la majorité des femmes, tout particulièrement celles en ménopause. »
Photo Dimitri Prokhorov






