« Je suis arrivé à Montréal en 1975 et je suis tombé amoureux de la ville et de son multiculturalisme, malgré le froid de décembre », explique Leonard Gorski, qui considère la métropole comme l’une de ses muses.


Venu pour étudier en administration des affaires à l’Université McGill, Leonard Gorski a su rapidement se tailler une place dans sa ville d’adoption. « J’ai toujours travaillé pendant mes études et notamment dans le domaine de la mode, alors que je complétais mon MBA. Je vendais alors des vêtements et des fourrures fabriqués au Canada, ce qui m’a permis de développer mon flair pour tout ce qui est élégant, comme les fourrures, les peaux de mouton, le cachemire, les vêtements d’extérieur et les accessoires de luxe. »
En 1984, avec sa femme Karin, il fonde son entreprise de vêtements d’extérieur et d’accessoires haut de gamme, Gorski, un nom auquel il juxtapose quelques années plus tard « Montréal ». Il choisit alors d’orienter ses efforts vers le marché américain. « Je me suis concentré sur le marché américain qui, à l’époque, était plus réceptif à la haute couture. J’ai établi un réseau de quelque 200 détaillants parmi les plus selects qui achetaient les produits dont j’étais l’importateur et le distributeur exclusif en Amérique du Nord. » Les fourrures et les vêtements d’extérieur de grands noms comme Gianni Versace, Gianfranco Ferre ainsi que Giuliana Teso – une marque encore inconnue en Amérique du Nord et qui allait faire sensation – font alors partie de sa gamme, tout comme la première collection signée Gorski. « À cette époque, les autres fabricants en fourrure mettaient l’accent sur l’aspect pratique. Les manches et les manteaux étaient longs pour garder les femmes bien au chaud. J’ai imaginé une collection avec des vestes courtes, des manches trois-quarts, des vêtements qui n’étaient pas uniquement réservés aux temps froids. »


Inventif, il met en place dès 1988 un espace boutique chez le détaillant new-yorkais Bergdorf Goodman et distingue ainsi son offre auprès d’une clientèle huppée. Simultanément, il lance ses produits à l’échelle nationale chez Holt Renfrew, signe un accord avec les magasins Neiman Marcus à Dallas, Beverly Hills, San Francisco et d’autres marchés clés. Ce coup d’éclat bouscule le monde de la vente au détail de la haute couture et positionne Gorski comme leader de l’industrie.
« Nous avons probablement été la première marque canadienne à promouvoir la mode à grande échelle chaque année dans des magazines très tendance comme Vogue, Town and Country, Harper’s Bazaar, Vanity Fair et W », souligne-t-il. Précurseur, Leonard Gorski s’intéresse aussi dès la fin des années 1990 à la vente en ligne. « Très tôt, nous avons reconnu les possibilités du numérique et avons investi dans la création d’un groupe coopératif pour nos principaux détaillants indépendants. » L’entreprise continuera sur sa lancée et signera en 2015 une entente avec Neiman Marcus pour la commercialisation de la marque dans près de 40 magasins et plus de 30 points de vente Last Call, mettant ainsi de l’avant la collection signée Gorski et de grandes marques sélectionnées et créées pour Gorski.


Aujourd’hui, c’est uniquement la collection Gorski qui occupe l’avant-scène et qui retient l’attention de la clientèle chez Saks Fifth Avenue, dans de nombreuses boutiques numériques de luxe et dans la boutique phare de la rue Greene à Westmount, ouverte en 2021 pendant la COVID – « un vote de confiance de notre famille pour l’avenir de Montréal », souligne-t-il –, dans les magasins nichés au Canada, aux États-Unis ainsi qu’en Europe, au Moyen-Orient et dans la zone Pacifique où la demande se précise et une percée est prévue. « Nos collections comprennent des vêtements d’extérieur et des accessoires pour femme et pour homme, et bientôt des sacs à main. Nous sommes leaders dans le domaine des matières durables et du cachemire. »
L’ascension de la marque Gorski, la stabilité de l’entreprise ainsi que son leadership tiennent à la qualité exceptionnelle des produits, mais aussi à cette relation privilégiée que la maison entretient avec sa clientèle. « De nombreuses marques mode conçoivent des produits éloignés des consommateurs réels, pour des mannequins qui font 1,90 m et de taille zéro, fait-il remarquer. Au fil des années, je crois avoir passé près de 70 % de mon temps dans les magasins à travailler avec de varies personnes, à les écouter, à les observer et à les satisfaire. » Cette approche centrée sur les besoins de la clientèle a incite l’entreprise à ouvrir au New Jersey son centre de distribution avec un service de pointe et des options permettant aux clients et clients de personnaliser et de remodeler leurs fourrures ou leurs vêtements en peau de mouton afin de les transformer et de les réutiliser. « Notre raison d’être est d’offrir l’expérience ultime à notre clientèle », réaffirme Leonard Gorski.


Si ce dernier est encore présent au sein de l’entreprise à titre de visionnaire, de guide, mais aussi comme conseiller afin que l’entreprise maintienne une base solide, il laisse à la nouvelle génération le soin de tracer la voie. « Le Groupe Gorski et les sociétés canadiennes et américaines qui y sont liées sont dirigés par un groupe de professionnels incluant ma fille, Lauren, vice-présidente responsable du design, du marchandisage et du marketing et de mon fils Bryan, vice-président responsible du développement commercial, qui supervise tous les aspects liés à la croissance, à la technologie, au juridique et au financier. Nos professionnels à Montréal, dont notre commerçante principale Samantha Green et son équipe, nos 14 ambassadeurs majeurs à travers les États-Unis, nos employés dans nos différentes installations ainsi que nos ateliers de couture et notre chaîne d’approvisionnement forment une équipe solide, responsable du succès et de l’avenir de la marque Gorski. »











