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Serge Dessureault – L’effroyable K2 dans la mire

Henri Vezina

Le mont Everest s’avère la plus haute montagne de la planète avec ses 8848 mètres. Effectuer le trekking vers son camp de base est l’une des expériences les plus mémorables de ma vie. Pour les alpinistes, c’est une ascension relativement facile en comparaison avec le K2, un sommet effroyable de 8611 mètres. Le pompier montréalais Serge Dessureault, qui a vu la mort de près à sa première tentative, prévoit y retourner en 2018.

Moins de 400 individus seulement ont atteint le sommet du K2, contre près de 8000 pour l’Everest. Le K2 présente aussi un ratio d’un décès par quatre ascensions réussies. Entre 2009 et 2016, il n’y a que trois années où le K2 a été gravi, tandis que le sommet de l’Everest a été atteint chaque année depuis 1974, soit depuis plus de 40 ans. « J’ai vraiment eu peur au K2 en 2016 », raconte Serge Dessureault, âgé de 53 ans, qui a foulé la cime de l’Everest en 2007 en compagnie de Maurice Beauséjour. « Mais c’est plus fort que moi; je veux tenter ma chance de nouveau. »

En 2016, après des tempêtes importantes, l’alpiniste et son collègue Benoît Lamoureux ont choisi de patienter pour laisser la neige se compacter avant de monter au camp 3. Une décision qui leur a sauvé la vie, puisque ce camp où ils devaient se rendre a été rasé par des avalanches. Ils sont donc revenus bredouilles de l’Himalaya. Bredouilles, mais en vie ! « Cette année-là, j’ai compris pourquoi tant d’alpinistes qui se rendent au K2 décident de rebrousser chemin à la seule vue de ces parois gigantesques et intimidantes », ajoute-t-il.

Pompier-araignée durant une douzaine d’années et aujourd’hui pompier, Dessureault sait que son métier le sert admirablement bien. « Lorsque la frousse s’installe, je me calme. J’analyse la situation. L’alpiniste – comme les gens d’affaires, les professionnels et tant d’autres travailleurs – ne doit pas se laisser déconcentrer par des pensées négatives ou par l’émotivité. Il faut se calmer et bien juger la situation. »

La seule réputation de quasi invincibilité du K2 se révèle déjà mentalement préoccupante. Ensuite, il y a la quantité de décès survenus au fil des ans. Le 1er août 2008 s’avère une journée noire dans l’histoire du K2 alors que 11 alpinistes sont décédés sur les pentes. L’année 1986 est aussi restée gravée dans la mémoire des férus de montagne, alors qu’un total de 13 décès sont survenus. Ce ne sont là que deux mentions… « Le K2, c’est un gros vertical, très imposant. C’est de l’alpinisme dès le départ ou presque, au contraire de l’Everest. »

À n’en point douter, Serge Dessureault est heureux lorsqu’il se plonge dans la solitude de roc et de glace de la haute montagne.

Et pour des pérégrinations du genre, il y a l’autre défi; différent mais également immense. « C’est de convaincre des commanditaires de contribuer à de telles expéditions. Pourtant, raconter un tel périple, parler de la persévérance qu’il faut démontrer, faire valoir la force du travail d’équipe, constitueraient un témoignage enrichissant pour inspirer des cadres autant que des employés. »

« Je me dis souvent que c’est la dernière fois. Puis, le temps passe et ma femme se rend compte que je suis tracassé. Elle sait alors que je cogite un projet, que je veux repartir à l’attaque. Quand ça m’arrive, ça m’empêche de dormir. Je suis habité. C’est intense. »

Si Serge Dessureault réalise son rêve, il deviendra alors le seul Québécois à avoir gravi avec succès tant que le K2 que l’Everest.


facebook.com/retourk2
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