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Les origines du whisky et son évolution

Groupe Beauchamp

Titre original : Whisky

Aujourd’hui encore, il existe une polémique entres voisins écossais et irlandais à propos de l’invention du whisky. Beaucoup s’entendent pour dire que le père du whisky serait nul autre que saint Patrick, le saint patron des Irlandais. Selon la légende, il aurait ramené d’Égypte la méthode de distillation aux habitants de cet archipel d’Europe de l’Ouest. D’ailleurs, le nom gaélique de ce doux nectar, Uisce Beatha – qui signifie « eau de vie » –, n’est pas sans rappeler l’importance de ce produit pour l’économie locale.

Autrefois consommé uniquement par les habitants, et ce, quand les stocks de céréale (orge) permettaient de prélever une part afin de procéder à la distillation, le whisky tient maintenant une place de choix dans l’univers des spiritueux. On estime la consommation mondiale à plus de 200 litres par seconde, soit 6321 millions de litres par année. Le temps de lire cet article, il se sera consommé 60 000 litres de whisky. La cause principale de cet engouement n’est pas étrangère à l’adoption du whisky par les consommateurs asiatiques – de Chine, du Japon et de l’Inde, pour ne nommer que ceux-là. Évidemment, cette popularité ne vient pas sans conséquences.

La première conséquence de ce gain de popularité des 25 dernières années, c’est en quelque sorte un épuisement des stocks de whisky plus âgé, plaçant les distilleries traditionnelles dans une situation de vulnérabilité par rapport aux nouveaux pays producteurs, malgré le fait que l’Écosse est toujours bonne première en termes de volume de production.

Longtemps dominée par les producteurs d’Écosse et d’Irlande, cette production s’est aujourd’hui démocratisée et on assiste maintenant à un boum. Partout autour du globe, des distilleries voient le jour, que ce soit à Taiwan, au Japon, en Inde, en Suède ou plus près de nous, aux États-Unis.

« L’histoire du whisky reste voilée dans les brumes de l’aube celtique » – Sir Robert Bruce Lockhart

    Ofelia

La réponse écossaise face à l’arrivée d’excellents produits venus de pays émergents a été de commercialiser de plus en plus de produits NOS (No Age Statement). Par exemple, The Macallan et sa gamme mettant l’emphase sur la robe du liquide plutôt que sur l’âge (Amber, Ruby, Sienna, Gold). La technologie a aussi apporté quelques pistes de solutions. Les dernières percées ont permis de mettre en place des techniques de vieillissement accéléré qui, avouons-le, n’offrent pas toujours un résultat à la hauteur des attentes.

Une autre conséquence de la forte hausse de la demande est l’éclosion d’une multitude de nouvelles distilleries. Mackmyra (Suède), Amrut (Inde), Kilchoman (Écosse) et Arran (Écosse) en sont d’excellent exemples. En peu de temps, ces producteurs ont réussi à se tailler une place de choix grâce à des produits à la fois surprenants et de grande qualité.

Avec l’augmentation du nombre de producteurs, nous avons eu l’occasion de goûter des whiskys de plus en plus variés. Les distilleries nipponnes nous ont apporté de nouvelles saveurs jusqu’alors inconnues dans les produits écossais. Les distilleries traditionnelles en ont pris pour leur rhume et ont dû faire face à cette nouvelle compétition en innovant. L’exemple qui vient spontanément en tête est celui de Glenfiddich. En plus d’être la distillerie qui produit le plus grand volume d’alcool par année – plus de 14 millions de litres –, elle a toujours été très conservatrice, voire conventionnelle dans sa philosophie de production. Comme quoi le plus gros producteur n’est pas à l’abri des bouleversements mondiaux, elle a récemment fait preuve d’un grand sens de l’innovation avec ses derniers nés, The Experimental Series, un opus de trois nouvelles expressions – IPA Experiment (vieilli en fût de bière IPA), Projet XX (issu d’une collaboration entre 20 experts) et Winter Storm (vieilli en fût de vin de glace – qui, il faut l’admettre, a donné lieu à un résultat très surprenant et surtout très agréable.

On peut donc affirmer sans se tromper que l’univers du whisky est en pleine mutation, et que peu importe les défis, le génie des producteurs saura faire des années à venir une période pleine de surprises… Les maîtres distillateurs sauront toujours adopter des approches novatrices, que ce soit par le recours à la technologie afin de développer des techniques de vieillissement plus efficaces, ou en mettant sur pied des groupes de travail interdisciplinaires afin d’ouvrir de nouvelles voies dans la manière d’appréhender la confection de ce merveilleux liquide.

Alors, que vous soyez du type fumé, floral, iodé ou boisé, que vous aimiez les Single Malt, les bourbons ou les blend, que votre terre de prédilection soit l’Écosse, le Japon ou la Suède, les années à venir sont remplies de promesses. Sláinte !


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