LASVIT – L’art de la fabrication du verre

En s’appuyant sur un savoir-faire acquis de longue date, Lasvit a fait renaître le verre de bohème de ses cendres pour lui insuffler une indéniable modernité.

Comblée par une matière première abondante, la Bohème, en République tchèque, a su développer au cours des siècles une expertise sans égal dans l’art du travail du verre. Les régimes successifs n’ont jamais pu éteindre la flamme des artisans de cette région ni briser la chaîne d’un savoir transmis de génération en génération. Leon Jakimic, fondateur de LASVIT, a réussi à établir un lien étroit entre le passé et le présent, la tradition et la modernité, en partie grâce à ses racines. Quatre générations de souffleurs de verre, un oncle possédant son propre atelier et réputé dans tout le pays comme graveur, une cousine designer… La vie avait multiplié les signes et le talent de Leon Jakimic a fait le reste. « La fondation de LASVIT en 2007, ainsi que le fait d’engager de jeunes talents qui ont été encouragés à explorer de nouvelles approches et à utiliser de nouvelles technologies a eu l’effet d’une bouffée d’air frais dans l’industrie du verre », explique Tomáš Kolder, responsable des relations publiques pour l’entreprise. Aujourd’hui, le verre de Bohème transfiguré par LASVIT magnifie aussi bien la transparence que la lumière.

Herbarium, oeuvre collective placée sous la direction de Mária Culenová où fleurs, feuilles et branches sont préservées dans des enveloppes de verre.
Molteni
Galerie Beauchamp
L’art thérapie , façon LASVIT. Ce pendule de 16 m de hauteur dessine inlassablement des figures dans le sable dans un mouvement quasi hypnotique. Entrée du Burjeel Medical City Hospital d’Abu Dhabi.

Si la maison abrite une constellation d’artistes, d’artisans et de designers d’origine tchèque déjà familiers avec l’art verrier, elle accueille aussi des designers venus de l’étranger. « Chaque designer a une approche unique au verre, remarque Tomáš Kolder, qui n’hésite pas à qualifier cette matière malléable de vivante. C’est un matériau surprenant lorsque soumis au simple effet du hasard. Les designers qui n’ont pas eu l’occasion de le travailler aiment particulièrement étudier ses possibilités et apprendre directement de nos maîtres verriers. Ces designers apportent des idées fraîches, une autre vision. Et si leurs demandes peuvent parfois paraître impossibles à réaliser, nous relevons toujours le défi. » Les collaborations au cours des années ont été multiples : André Fu, les frères Campana, Maarten Baas et Michael Young, pour n’en nommer que quelques-uns, ont effectué des passages remarqués dans cette maison, qui tente à chaque occasion de moderniser le travail du verre.

L’évolution de l’entreprise a suivi le cours du temps. Lente et précise, elle a été axée sur le besoin de repousser les limites du possible et de la créativité avec chaque projet. « Au début, nos installations étaient statiques. Par la suite, des couleurs et des éclairages dynamiques ont été ajoutés et depuis peu, nous réalisons également des installations mobiles. L’un de nos projets les plus ambitieux à ce jour est celui du casino à Saipan, une île de l’océan Pacifique. Les deux dragons totalisant une longueur de 60 mètres avec armatures métalliques recouvertes de 26 000 écailles en acier inoxydable et de 5 millions de cristaux qu’on utilise généralement pour des boucles d’oreilles ne devaient pas peser plus de 40 tonnes. Ils ont été construits sur cette île sujette aux tremblements de terre et balayée par de fréquents typhons. L’installation, capable de résister à un tremblement de terre de magnitude 7, marie artisanat traditionnel et nouvelle technologie, tant dans sa conception que dans sa mise en oeuvre. » La réalisation impressionne par son panache et surprend par sa complexité, tout comme la voûte de 16 mètres de diamètre des tours Etihad d’Abou Dhabi, qui allie verre dépoli, perles de cristal et verre métallique, elle aussi réalisée par l’entreprise tchèque. Toutefois, c’est l’exposition cinétique (E) motions,
tenue à Milan, qui soulève l’admiration des aficionados du design. « En coopération avec une entreprise spécialisée dans la robotisation, nous avons combiné l’art du verre et la technologie de pointe afin de créer neuf installations lumineuses inédites réalisées par le célèbre architecte Daniel Libeskind et les designers Maarten Baas, Michael Young, Arik Levy, Jan Plechác et Henry Wielgus, ainsi que par notre directeur artistique, Maxim Velcovský. » Milan a alors pris la pause pour admirer.

Toutes ces installations à couper le souffle qui reflètent la volonté de LASVIT de maîtriser le verre, la lumière et la technologie trouvent écho dans des luminaires, des accessoires et des cloisons de verre pour la maison ainsi que dans une série iconique de charmants ou d’inquiétants petits monstres en verre, vendus en exclusivité chez Latitude Nord. « Nous avons présenté notre projet Monster Cabaret au théâtre de marionnettes local de Milan, le Teatro Gerolamo, explique Tomáš Kolder. Le thème de la collection est celui des monstres qui nous entourent et des monstres qui nous habitent. Les créateurs ont eu la liberté de s’exprimer. Les résultats sont incroyablement variés, depuis des fantômes d’enfants jusqu’aux insectes classiques, en passant par des créatures robotisées et les menaces cachées des contextes politiques. Certaines de ces pièces ont représenté un véritable défi pour les verriers. » Cette collection, lauréate du prestigieux prix du design du Salon de Milan en 2018, compte des créations de designers reconnus tels Alessandro Mendini, les frères Campana, Yabu Pushelberg, Nendo, Fabio Novembre, Daniel Libeskind, Maarten Bass et Moritz Waldemayer, et d’artistes tchèques comme René Roubícek, Vladimír Kopecký, Martin Janecký, Stanislav Müller, Maxim Velcovský et le légendaire verrier Jaroslav Brychta.

Le verre d’art, soufflé bouche, et le travail des maîtres verriers sont demeurés trop longtemps confinés à l’ombre des produits de consommation manufacturés à grande échelle. Nous avions en quelque sorte oublié que cette matière, placée entre les mains de créateurs, possède un attrait irrésistible. La lumière qui s’accroche aux écailles d’un dragon, caresse la feuille sculptée d’une pièce mobile, éclaire une sculpture ou souligne les rebords d’un vase a de quoi faire rêver. LASVIT est largement responsable de l’intérêt renouvelé pour le verre et ses nombreuses incarnations. La maison tchèque, qui supervise près de 300 projets chaque année, a su remettre au goût du jour le verre de Bohème et raviver une tradition vieille de 800 ans. Mais plus encore, elle est parvenue à faire voler en éclats toutes les conceptions dépassées sur le travail du verre et à actualiser ce matériau. Lumineux, n’est-ce pas ?

Le travail du verre repose sur des traditions ancestrales que LASVIT a su renouveler.
Roche Bobois
Avenue Design
Roche Bobois
Roche Bobois
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L’installation Felix Stella de Jana Ružicková, qui domine le hall d’entrée de l’hôtel Intercontinental de Tianjin, évoque les étoiles.

Le fondateur de LASVIT, Leon Jakimic.

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Inspiré par les carreaux de céramique du métro de Prague, le luminaire Globe Metro est une création de Cyril Dundera.

De la collection Monster Cabaret, le vase Rombo d’Alessandro Mendini, à la fois coloré et inquiétant.

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Photo de couverture : Le siège social de l’entreprise, situé à Nový Bor, en République tchèque, est composé de trois bâtiments distincts, dont celui-ci, tout en verre flanqué de deux édifices du XIXe siècle.

lasvit.com and latitudenord.com

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