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Une résidence secondaire d’exception intégrée à son paysage

Sarah Pacini

Titre original : Triptyque

Photos : Maxime Brouillet

Située dans les Laurentides, à une centaine de kilomètres de Montréal, cette maison composée d’un corps central d’où se déploient deux ailes symétriques épouse un terrain prédestiné à sa construction. Découverte.

Cette résidence secondaire a été conçue dans le but de devenir la maison principale de ses propriétaires à leur retraite. Le cadre naturel et le lac d’eau pure à proximité s’avéraient l’emplacement idéal pour ces amoureux de natation, et la topologie du terrain en cuvette semblait parfaite pour construire sans couper d’arbres. « On voulait une maison avec beaucoup de personnalité, du punch, qui sorte du commun; on souhaitait aussi qu’elle soit très éclairée et qu’elle s’intègre bien à la nature », racontent les propriétaires, qui se sont tournés vers Marie-Claude Hamelin et Loukas Yiacouvakis de la firme YH2 pour réaliser le projet. Ces architectes ont imaginé un lieu en trois dimensions qui respecte les pentes et contrepentes du domaine et bénéficie d’une vue constante sur le lac.

Les différents volumes géométriques des trois corps de bâtiment favorisent plusieurs perspectives et cadrent le regard. « La maison est construite sur une petite butte; son corps central est implanté sur la partie haute, tandis que les deux corps latéraux s’ouvrent sur la partie basse du terrain. Ainsi, le sol naturel descend vers le garage côté ouest et redescend vers notre chambre côté est. La chambre et la salle de bain des invités se situent au-dessus du garage, à l’opposé des nôtres, ce qui préserve l’intimité de chacun », expliquent les propriétaires. Dans l’entrée principale, un escalier permet de rejoindre le garage à l’étage en dessous. Le salon s’inscrit dans le volume central de la demeure, ainsi que le bureau et les zones cuisine et salle à manger. Le séjour s’ouvre sur la cime des arbres du fait même de son plafond incliné vers le haut. Les architectes ont privilégié des matériaux naturels que l’on retrouve tant à l’extérieur qu’à l’intérieur afin de briser les limites entre architecture et nature. C’est le cas des planches de cèdre de l’Est et de l’aluminium teint en noir. Celui-ci contribue au look épuré du lieu et renforce sa prestance, tandis que le bois joue la carte du réconfort.

    Sarah Pacini

Le second escalier relie directement la chambre principale au salon. Conçu comme un seul bloc de bois, ce chef-d’oeuvre sculptural semble flotter dans les airs.

Partout dans la maison, le paysage semble faire partie intégrante de l’espace grâce aux immenses fenêtres, mais la salle à manger se démarque des autres pièces par son plafond. En effet, cette surface recouverte d’aluminium délicatement découpé de motifs de feuilles rétroéclairés rappelle la canopée laurentienne, et l’environnement devient magique dans l’obscurité. C’est notamment grâce à ce type de création unique, aux jeux de volumes et aux mélanges de textures, que cette demeure contemporaine se distingue. La fluidité est de mise, mais le changement de matériau au sol différencie ingénieusement les parties privées des propriétaires des espaces communs : du béton poli dans les premières et du chêne dans les autres, hormis l’entrée et une portion minime de la cuisine. Enfin, la plus grande partie du mobilier dessiné par les architectes s’imprime en toute discrétion dans les cloisons.

Triptyque – e-mag

L|L LAVAL-SUR-LE-LAC