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Les étonnantes sculptures de têtes en métal de Dave Dunning

Titre original: Dale Dunning – Face à l’autre

« Quand il est question de parler de mon travail, j’éprouve une certaine résistance. Les mots n’arrivent pas à définir mes idées », avoue d’emblée Dale Dunning comme pour mieux laisser la parole aux impressionnantes sculptures de têtes en métal qui ont fait sa renommée. Entretien…

« Créer, c’est mon seul talent », lance en riant le sculpteur canadien au bout du fil. Une passion qu’il a développée dès 1965 en s’engageant dans une formation en beaux-arts à l’Université Mount Allison, au Nouveau-Brunswick, pour ensuite poursuivre à la Cranbrook Academy of Art, au Michigan. « Je me suis pris d’amour pour la sculpture. Quand j’ai terminé mes études, j’ai décidé de poursuivre dans cette voie », raconte-t-il.

La tête humaine devient rapidement un objet de fascination pour l’artiste, qui en crée des centaines exclusivement en métal. Petites, énormes, colorées, sombres, délicates, brutes… Toujours uniques, toujours évocatrices. « D’où vient mon inspiration ? C’est assez mystérieux. Je compare souvent mon art à la musique. Chacun y répond d’une manière toute personnelle. En d’autres mots, je n’ai pas de message. » C’est sûrement ce qui rend les oeuvres de Dale Dunning aussi universelles. « Les têtes que je sculpte n’ont pas de sexe, ni de race ou d’identité. Tout le monde peut s’y voir comme dans un miroir qui reflète des sentiments et des souvenirs selon l’expérience personnelle. »

La sculpture de têtes en métal est-elle limitative ? « Au contraire ! Les possibilités sont infinies. Le métal est un matériau vraiment intéressant à travailler. Je ne sais jamais où l’oeuvre va m’amener. Quand je crée une sculpture, j’ai simultanément d’autres idées et je passe d’une pièce à l’autre. J’aime quand la création est fluide ! »

NOUVELLE ÈRE, NOUVELLE RÉALITÉ

Dès ses débuts, Dale Dunning attire l’attention du milieu des arts visuels. En plus de remporter le Canada Council B Grant en 1969 et The Mississippi Mills Cultural Achievement Award en 2005, l’artiste a pu compter sur plusieurs vitrines au fil des ans. La McIntosh Gallery en Ontario, le Musée des beaux-arts de Montréal, le Parallax Art Fair, à New York… « J’ai eu la chance d’exposer dans plusieurs galeries, foires et musées. Aujourd’hui, la planète entière peut découvrir mon travail en un clic ! »

Conscient des impacts du virage numérique sur la mise en marché des oeuvres d’art, Dale Dunning n’hésite pas à investir le Web dès qu’il en a l’occasion. Bien vite, le sculpteur devient très actif sur les réseaux sociaux et démarre son propre site Internet, qui, en plus de raconter son parcours et d’afficher des nouvelles, indique clairement comment acquérir ses créations en ligne. « J’ai accès à un plus grand public. Je ne suis plus tributaire des ventes des galeries, par exemple. Tout cela a eu un impact significatif sur mes revenus », confie l’artiste, qui a pu créer un lien direct avec le public. Loin de s’éloigner des canaux traditionnels – il présentera d’ailleurs de nouvelles pièces lors de l’exposition Visages du 2 au 22 avril prochain à la Galerie Blanche, à Montréal –, Dale Dunning élargit plutôt ses horizons. « Je n’ai pas de projets clairs pour l’avenir. J’essaie d’être le plus ouvert possible. » Qui sait où cela le mènera ?


galerieblanche.com

Dale Dunning – Face à l’autre- e-mag