Frémissement RAW (Custom)

Jean-Louis Émond – À fleur de paume

Jean-Louis Émond joue avec le feu et fait jaillir des formes d'une simple étincelle tout en s'adonnant au plus tactile des arts.

Doté d’un talent certain, Jean-Louis Émond a d’abord apprivoisé la peinture et ses techniques en autodidacte avant de s’inscrire à l’Université du Québec à Montréal pour étudier la sculpture. « Nous étions trois à vouloir travailler le métal à cette époque », note-t-il en riant. Son évolution constante sera ensuite jalonnée de moments forts : il séjourne en France pour élargir ses horizons, ouvre un atelier pour pratiquer son art puis, pendant 17 ans, enseigne à l’école des beaux-arts du centre Saidye Bronfman, perfectionnant ainsi ses techniques tout en enseignant. « J’ai toujours continué à créer des oeuvres; c’est toutefois à la fin de cette période que j’ai décidé de me consacrer uniquement à la sculpture », confie-t-il.

« Pour m’exprimer, j’ai besoin d’une forme artistique ancrée dans la réalité. Il existe un rapport physique avec une sculpture; on doit la contourner, la toucher… » Aussi bien à l’université que lorsqu’il enseignait, Jean-Louis Émond a exploré plusieurs méthodes et travaillé plusieurs matières avant de choisir le métal. « Au début, je produisais des pièces fermées. Puis j’ai voulu jouer avec la transparence et la lumière en utilisant des morceaux d’acier récupérés et assemblés comme un puzzle. » Au cours des années, l’artiste a lentement raffiné sa technique. Alors qu’il assemblait ses premières sculptures en métal à main levée, il a maintenant recours à un modelage en argile pour soutenir les paillettes d’inox qu’il découpe une à une avant de les souder. « Lorsque je détruis le moulage, un vide se crée, la lumière pénètre l’oeuvre, interpelle le spectateur. »

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Stabile II, 52 x 28 x 30.5 cm, acier inoxydable, base en acier, 2017

Ses influences sont multiples, et bien qu’il se fie d’abord à son sens de l’observation pour reproduire un mouvement de danse, un vêtement ou le galbe d’un corps, il reconnaît l’apport à son oeuvre de grands peintres comme Francis Bacon. « Une influence près des sentiments, de l’esprit », confie celui qui considère la sculpture comme un médium pour mieux élaborer une histoire. « Le métal, particulièrement l’inox, qui perdure dans le temps, permet de refléter l’environnement et le spectateur et l’incite à s’interroger sur son lien avec la pièce qu’il observe. » Bien qu’il avoue ne pas douter de sa démarche lorsqu’il produit une pièce, Jean-Louis Émond apprécie, le travail terminé, être confronté aux regards des autres, qu’il s’agisse de celui de sa conjointe ou de ceux qui se questionnent sur son oeuvre, qu’ils l’aiment ou non.

Rare artiste à avoir connu du succès dès ses premières heures, à contrôler jusqu’au moindre détail de sa production, quel que soit le format, et à entretenir des liens privilégiés avec de grandes galeries à Montréal (comme la Galerie Blanche), et à l’international, Jean-Louis Émond reconnaît le chemin parcouru en 35 ans de carrière. « Je garde dans mon atelier quelques pièces qui correspondent à des époques. Il est important de savoir par où tout a commencé. »

Photo de couverture : Frémissement, 51 x 14 x 15 cm, bronze, base en acier, 2020 

jeanlouisemond.com et galerieblanche.com

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