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Jazzu : dire par le geste

Les tableaux de Jazzu sont des livres ouverts qui racontent à la fois son parcours, ses rencontres et ses états d’âme. Éclairage sur un artiste qui s’expose.

Jazzu a d’abord été éducateur spécialisé auprès de jeunes atteints de déficience auditive pendant 15 ans avant de peindre. « J’ai organisé des ateliers d’expression. Comme l’écriture était compliquée, j’ai décidé d’utiliser les arts plastiques pour créer un lien avec eux. » Ces ateliers deviendront un déclencheur et la peinture un moyen d’expression privilégié pour cet artiste autodidacte d’origine toulousaine.

Lyne Parent de la Galerie Blanche en compagnie de l’artiste Jazzu
Montauk
Last Drink, techniques mixtes sur toile, 130 x 97 cm

Au hasard des rencontres et des apprentissages, il raffine son approche. Ainsi, un ami architecte lui fait découvrir le mouvement CoBrA ou l’Internationale des artistes expérimentaux (1948-1951), qui préconise la spontanéité dans l’art, mais aussi le mariage des mots et du geste. Dans la même foulée, il s’intéresse aux oeuvres de Francis Bacon, Lucian Freud et Jean-Michel Basquiat, trois ténors de l’art du 20e siècle reconnus pour leur intensité. « Bacon pour le geste, Freud pour la fragilité et Basquiat pour la folie. Ces trois artistes font partie de mon panthéon, auquel j’ajouterais Karel Appel pour la gestuelle », dit-il. C’est toutefois par la pratique qu’il fait évoluer son oeuvre et établit ses propres repères pour ainsi développer son art résolument urbain, saturé par l’esprit, la musique, la voix, les couleurs et les matières de sa ville natale, Toulouse. « On trouve son style et sa patte en travaillant. Je dessine plus qu’avant et je cherche toujours à être vrai, à être dans l’émotion », précise-t-il. Bien qu’il soit adepte d’écriture et des mots qui apparaissent dans ses oeuvres, il priorise le geste. La main s’attarde d’abord aux formes pour mieux composer une histoire. « Cette histoire évoluera en fonction des couleurs et les mots viendront s’y greffer. Ces mots ne sont pas là par hasard ou par style. J’ai toujours aimé écrire. Si je n’avais pas choisi la peinture, j’aurais aimé écrire des histoires ou de la poésie. »

Jazzu multiplie les techniques : bombe aérosol, pastels, acrylique… Rester vrai, authentique et sincère est une priorité pour cet artiste, toujours à la recherche du moi, des émotions les plus profondes et de sa vérité. « Quand je ne suis pas là ou que je ne suis pas vrai, je le sens. La toile ne me parle pas. Je ne peins pas par obligation; je ne sais pas faire ça. Et si je le fais, je le sens, je le vois. L’oeuvre ne me plaît pas, elle ne fonctionne pas. Ce n’est pas le but d’un artiste d’être toujours dans la création; il doit ressentir les émotions pour les transmettre sur la toile. Je pense qu’il y a de moi dans chaque oeuvre, même si les histoires ne sont pas toujours propres à mon vécu. »

Sans dessus dessous, techniques mixtes sur toile, 130 x 97 cm
C&M Textiles
“Maison
Galerie Beauchamp
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Precious, techniques mixtes sur toile, 81 x 132 cm

Pas de doute, Jazzu maîtrise l’art de transcrire ses émotions
et de faire parler ses toiles. Vous pourrez le constater lors de l’exposition qui se tiendra du 8 au 26 octobre à la Galerie Blanche. Il s’agit d’une première nord-américaine pour cet artiste qui a tant de choses à dire.

Photo de couverture : On va continuer un peu, techniques mixtes sur toile, 162 x 130 cm.  

jazzu.fr et galerieblanche.com

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