Bruno Fabbris | Saisir l’instant

Le parcours de Bruno Fabbris a été jalonné de moments phares qui lui ont permis de raffiner sa palette et de développer son esthétique toute particulière. C’est toutefois à l’instinct qu’il doit son talent pour saisir les instants de beauté.

Aliane II
Très Chic
Vicostone
De marbre et d’ébène I

Si déjà à 16 ans, Bruno Fabbris voulait s’inscrire à l’École des beaux-arts de Reims, il a dû attendre l’âge adulte et d’abord travailler comme dessinateur industriel avant d’étudier la peinture aux Ateliers beaux-arts de la Ville de Paris. « Je me suis inscrit aux cours du soir et pendant quatre ans, j’ai appris à peindre. Mon style étant trop figuratif pour faire carrière, je me suis progressivement tourné vers la photo. La rencontre de ma femme, devenue mon agent, m’a poussé à tenter ma chance comme photographe. » Il se laissera inspirer par Newton, Avedon, Paulo Roversi, entre autres, puis imposera sa propre vision, qui saura séduire la presse mode et beauté et les grandes marques comme Chanel et Guerlain. Cette reconnaissance ne lui suffit toutefois pas. « En marge des commandes commerciales, j’ai très vite cherché un exutoire artistique personnel. Une façon de trouver ma propre identité artistique, de produire mes propres créations, comme une bouffée d’oxygène au milieu des travaux de commande. »

Aquarescente XII

« La photographie doit être faite de hasards, d’imprévisibles opportunités visuelles, poursuit Bruno Fabbris, qui a su garder sa sensibilité de peintre. Ces instants ne doivent et ne peuvent se reproduire à l’identique. Une photo doit être le résultat d’un moment unique dans sa temporalité. » Celui qui a longtemps photographié en noir et blanc privilégie toujours les monochromes. « Cette sobriété de ton rend le corps un peu statuaire, voir académique et dénué de toute connotation charnelle. » L’artiste compose ses images en fonction des sujets photographiés. « J’ai souvent créé à partir d’une matière en collaborant avec la styliste Nathalie Rutili, qui travaillait régulièrement pour les défilés de haute couture. Lorsque nous choisissons ensemble une matière en particulier (fibres végétales, mousseline, plastique et autres), nous improvisons lors de la prise de photos. Une photographie doit être le résultat de ce que l’on preserve d’un instant, d’une expression, d’une lumière, d’un mouvement et d’une grâce disparus l’instant d’après. » Il avoue détester la technique, sûrement parce qu’il l’a si bien assimilée qu’elle lui est devenue naturelle. « Bien sûr, en studio, il faut savoir utiliser la lumière, car la photo c’est la lumière, mais ensuite seul le sujet compte. La meilleure technique du monde ne fait pas un bon sujet. C’est l’oeil du photographe, son aptitude à voir dans son environnement le sujet, le cadrage et la lumière qui font la qualité d’une image. »

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De marbre et d’ébène XIV

Lorsqu’on lui demande ce qui distingue le photographe d’art des autres photographes, il répond : « En dehors des photos commerciales, éphémères et inconséquentes, il y a des images destinées aux magazines et aux livres et les images que l’on expose sur nos murs. Bien que, souvent, les deux soient artistiques, rares sont celles qui supportent l’usure du regard quotidien. » Là réside tout l’art de Bruno Fabbris, qui sait saisir l’instant pour qu’il devienne éternité.

Photo de couverture : Bruno Fabbris dans son studio, à l’arrière on aperçoit la collection Vaporescentes.  

brunofabbris.com et galerieblanche.com

Anna III
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