André Desjardins : Main heureuse

Savoir manier aussi bien les pinceaux que l’argile, faire surgir d’entre ses doigts des êtres irréels empreints de douceur… Il n’y a pas de doute, André Desjardins a la main heureuse.

« Je suis un manuel. Depuis mon enfance, j’aime travailler de mes mains », confie l’artiste André Desjardins. Guidé par cette passion première, il a entrepris des études en graphisme, a connu le succès, est même devenu gestionnaire de sa propre entreprise en communication. La table à dessin avait cédé le pas à l’ordinateur.

Ici et maintenant, bronze 36 x 12 x 5 po. 2019
Montauk Sofa
André Desjardins devant Libre, sculpture monumentale de 12 pieds de hauteur coulée dans le bronze par la Fonderie d’Art Inverness. L’oeuvre a été prêtée à la ville de Magog.

Loin des mains, loin du coeur, pourrait-on dire dans le cas d’André Desjardins, qui, en pleine ascension, a tout laissé tomber pour retrouver le plaisir du geste. Il a d’abord exposé ses oeuvres au café du Monument-National, boulevard Saint-Laurent, puis a trouvé la route jusqu’à New York et à travers les États-Unis. Aujourd’hui, le travail de cet artiste est reconnu partout sur la planète.

« Je ne peins pas des personnages, mais un état d’être », explique celui qui a fait de ses quêtes personnelles un moyen de communication privilégié qui lui permet de transmettre ses émotions et ses réflexions. « La paix intérieure est le moteur de ma création, de toute ma carrière, souligne-t-il. Je trouve que les corps et les visages sont les meilleurs sujets pour exprimer le bien-être. J’aime profondément l’humain et l’humanité. Je trouve le corps beau. »

L’odeur de la terre. Techniques mixtes sur toile. 59 x 42 po.
Avant-Scène
Sotheby's
Bardagi - Remax du cartier
Gardien IV 23 x 11 x 18 - argile - détail copie (Custom)
Détail de la sculpture Gardien IV. Argile. 23 x 11 x 18 po.

André Desjardins a la main heureuse même lorsqu’il se trompe. Il ne cache pas que c’est en expérimentant et en faisant une erreur qu’il a pu développer la technique picturale qui caractérise ses oeuvres. La maladresse est devenue une chance, un outil de création qu’il a cherché à comprendre, à répéter et à maîtriser. « Peindre et sculpter sont des actes personnels. Parfois, une toile ou une sculpture me surprend. J’aime l’inattendu, l’imprévu, mais ce que je cherche avant tout, c’est la maîtrise de mon art. » Seul, loin de tout, installé dans son atelier en forêt, l’artiste sait reconnaître l’instant parfait, le saisir, le transposer sur une toile ou le sculpter dans l’argile. Si les deux médiums sont différents, il les rend complémentaires en cherchant à générer la tridimensionnalité dans ses toiles. « Je dis souvent que je sculpte mes tableaux et qu’en sculpture je dessine des corps. » Les productions sont séquentielles sans pourtant être indépendantes, puisque l’imagination, elle, vagabonde, puisant dans la force de l’une pour alimenter l’autre. Si l’inspiration pour reproduire un geste, une texture, une ligne provient aussi bien de la nature que de la ville, les thèmes abordés sont liés à la famille, aux amis et aux enfants. Souvent intimes, ils prennent racine dans le quotidien de l’artiste, qui prend chaque année une pause pour réfléchir, méditer, rebondir. « Deux mois d’introspection pour savoir ce dont j’ai envie de parler en fonction de ce que j’ai vécu. » Puissance évocatrice du corps, familiarité des thèmes, quête d’une paix intérieure sont les secrets de l’art d’André Desjardins.

Photo de couverture : Imagine no 2. Techniques mixtes sur toile. 33 x 59 po.  

andredesjardins.com et galerieroccia.com

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